Les Fleurs d’Amour

2015 / Moquette, fibre de verre, fil de fer, fil de couture, paraffine, peinture, résine, grelot, mousse d’isolation, tissu chamarré / 5 panneaux : 180 x 180 cm (x 2), 180 x 60 cm (x 2), 60 x 60 cm

 

Cette installation, remarquable par son ampleur et ses nuances de rouge, révèle une dimension poétique tout autant qu’elle laisse le champ libre à l’interprétation.

Composée de ce que l’on identifierait, selon son point de vue, comme des fleurs, des feuilles ou des éléments organiques, elle peut se lire comme un hymne à la Nature, à la Création ou à la féminité.

Si l’on considère que l’harmonie de sa composition évoque la douceur d’un cocon et la chaleur d’une cavité originelle imaginaire, cette œuvre serait un hommage à la femme dans sa nature maternelle.

Si l’on s’attache à la transformation de la matière initiale, – de la moquette et du tissu trempés dans de la paraffine, peints et résinés -, donnant naissance à un effet de céramique vernissée, elle serait une référence à l’enfantement, au sens large, aussi bien maternel qu’artistique.

L’ambivalence symbolique de la couleur rouge, associée tantôt à la passion amoureuse tantôt à la violence, offre autant un écho au paradoxe de la condition féminine, dans ce qu’elle a de plus fantasmé et de plus bafoué, qu’au contraste frappant entre la beauté artistique et la dureté du monde de l’art.

Comme souvent dans son travail et notamment dans sa série des Arbres, le connectif KKF propose au public des œuvres à lectures multiples, selon le point de vue adopté, ici une lecture romantique, poétique, triviale, politique ou humaniste, pour mieux nous renvoyer à la responsabilité du regard que nous portons sur les choses.