Les Abeilles du KKF
Hommage à Matisse

2013 / Commande / Tomettes, barres métalliques, verre / H. 200 cm x l. 176 cm x p. 61 cm

En 2013, pour les cinquante ans du musée Matisse de Nice, KKF revisite l’œuvre en papiers gouachés découpés de Matisse Les Abeilles créée en 1948 pour les vitraux de la chapelle de Vence, afin de rendre hommage à la modernité intemporelle de l’artiste.

Conformément à la simplification recherchée par Matisse et selon leur mode d’expression, les artistes n’ont utilisé que des matériaux bruts, terre cuite, métal, verre. Rappelant l’ocre rouge de la façade du musée, les tomettes, typiquement niçoises, évoquent le lien entre le peintre et Nice, et symbolisent par leur forme hexagonale les alvéoles des ruches. Les plaques de verre reprennent la forme des ailes des abeilles, réduites à deux rectangles blancs par Matisse dans sa composition. La courbe du vol des abeilles, double et dirigée vers le bas dans le papier gouaché découpé, est ici inversée, pour signifier l’élan et le regain de vie donné à l’œuvre originale par cette réinterprétation contemporaine.

Les Abeilles de Matisse se caractérisent par le mouvement, le rythme et la sonorité des couleurs, que les artistes ont interprétés par la vibration des plaques de verre agitées par le vent, rappelant le labeur des abeilles et des sœurs dominicaines. La composition géométrique initiale et sa symétrie sont rappelées par la verticalité de l’installation, dont l’architecture est affirmée par la cadence des sept barres métalliques, qui font écho aux bandes blanches verticales du papier gouaché découpé. En référence aux vitraux de la Chapelle de Vence dont Les Abeilles sont une étude préparatoire, les artistes du connectif KKF ont utilisé le verre pour le vol des abeilles et ont donné une réversibilité à leur pièce qui peut se regarder des deux côtés. L’absence de tomettes par endroit laissant le vide apparent rappelle le jeu entre opacité et transparence que Matisse instaure entre les différentes couleurs des vitraux de la chapelle, pour traduire la nécessité de l’introspection, essentielle à la méditation, et de l’ouverture au monde à conserver.